DAMIEN HALLEUX

Alain est embaumeur. Au quotidien, il donne aux défunts le visage de la paix.

« Le fait que les gens puissent revoir leurs proches décédés, c’est important dans le processus de deuil. Que ce soit après un suicide ou un accident de la route, je crois que c’est impossible pour une mère de croire que son fils est décédé si elle ne peut pas le revoir. C’est un premier pas pour faciliter le travail de deuil ».

 Un soin classique dure habituellement 1h30. Préparation du corps, soins du visage et des cheveux, maquillage, habillement, mise en place. « Tous les stigmates de la mort sont effacés : la pâleur de la peau, la trace d’intubation. Quand je m’en vais, si la personne a l’air paisible, je suis satisfait ».

 Une contribution essentielle mais qui s’opère dans l’ombre. Aucune rencontre avec les familles, qui ne savent pas toujours qu’il est venu. « On entre par la porte de derrière, on sort par la porte de derrière ». Et puis la profession de thanatopracteur n’est pas reconnue chez nous. Alors Alain en parle, il enseigne et sensibilise, avec passion.

« Je veux rendre les défunts beaux, comme s’ils étaient endormis. Parce que c’est comme ça qu’on définit les défunts chez nous. Une belle mort, c’est mourir dans son sommeil ».